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mardi 15 novembre 2016

Utilisation des TICE / du TNI en classe : le canal de Panama

Eléments de connaissances et de compétences sur les activités économiques.

Etude d’un espace d’activités : une zone industrialo-portuaire

 

Séance de Géographie utilisant le T.N.I. consacrée au Canal de Panama



« Le canal de Panama est un canal maritime, qui traverse l’isthme de Panama en Amérique Centrale, reliant l’océan Pacifique et l'océan Atlantique.

Sa construction a été l'un des projets d'ingénierie les plus difficiles jamais entrepris.

Son impact sur le commerce maritime a été considérable, puisque les navires n’ont plus eu besoin de faire route par le cap Horn et le passage de Drake, à la pointe australe de l'Amérique du Sud.

Un navire allant de New York à San Francisco par le canal parcourt 9 500 kilomètres, moins de la moitié des 22 500 kilomètres du voyage par le cap Horn. »

Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Canal_de_Panama


 

Le site web du Canal de Panama (http://www.pancanal.com ) propose deux webcams de haute définition très fréquemment réactualisées pouvant servir de support à des activités pédagogiques dans le domaine de la géographie.
(Cliquer sur les photos pour accéder directement aux différentes webcams. Attendre quelques secondes.)


Les deux webcams sont situées aux deux extrémités du canal et permettent une grande lisibilité du trafic.

Il est également possible, directement depuis le site du Canal de Panama, de disposer d’un accès direct à Google Maps permettant de situer les deux caméras sur le plan.


(Cliquer sur la photo ci-dessous pour accéder directement à la vue satellite)

A l’aide de Google Maps, ou de Google Earth, il est possible de suivre précisément l’itinéraire suivi par les navires entre les deux extrémités du canal. Cette activité peut être optimisée par l'utilisation du TNI par le fait de pouvoir tracer l’itinéraire complet suivi par les navires pendant leur traversée.


(Cliquer sur la photo ci-dessous pour accéder directement à la vue satellite)

Eléments de connaissance et de compétence sur les activités économiques :

CM2 : Etude d’un espace d’activités

Une zone industrialo-portuaire

  • Connaître les activités d’une zone industrialo-portuaire et savoir retracer le circuit d’une matière première ou d’une marchandise jusqu’à son lieu de consommation.
  • Savoir expliquer pourquoi des activités industrielles sont installées sur le littoral et réaliser un croquis simple.
  • Connaître quelques risques provoqués par ces activités ( incendies, explosions, pollutions ).

  Capacités propres à la géographie :

  • Lire une carte
  • Lire un paysage

 (Cliquer sur la photo ci-dessous pour accéder directement à la carte/vue satellite)

Eléments de connaissances et de compétences sur la circulation des hommes et des biens

 

  • A partir d’une mappemonde physique ou à défaut à l’aide de Google Earth, se représenter le trajet de navigation à effectuer pour aller de la côte ouest des Etats-Unis à la France ( La Rochelle par exemple … ) en passant par le Cap Horn.
  • Identifier le Panama sur une mappemonde.
  • Histoire et réalisation du canal de Panama (Débuts français – Achèvement américain)
  • Visualisation par Google Earth du Canal de Panama, passage entre les deux océans.
  • (Remarque : la visualisation en mode zoom du passage permet de localiser les navires et de tracer la voie navigable entre les deux océans.
  • Visualisation en temps réel des deux écluses. Mécanisme des écluses très observable avec une montée ou descente des navires en quelques dizaines de minutes.
  • Possibilité d’estimer le nombre de bateaux, leurs spécificités ( paquebots de croisières, porte containers, pétrolier, vraquiers, etc )
  • Alternance jour/nuit et décalage horaire (le site n'est utilisable que l'aprés-midi en France)

samedi 23 février 2013

25 ans d'informatisation : l'expérience du département de la Vienne ( France )

Depuis plus de 25 ans, le département de la Vienne s'est investi sur la diffusion massive de la culture informatique par plusieurs biais.

Acteur dès l'origine de cette extraordinaire aventure, l'auteur du présent blog tient à en assurer quelques traces à un moment où la destruction par quelques uns de ce patrimoine informel a réduit les efforts de beaucoup à un quasi néant. La bataille du territoire a livré son verdict, lisible et difficilement contestable.

dimanche 17 février 2013

Histoire et culture « Nouvelles technologies » du département de la Vienne (1)

Les diversités géologiques, climatiques, pédologiques, hydrographiques, végétales, historiques, humaines, architecturales, les « mille France » de Fernand Braudel observées sur le terrain pouvaient elles constituer un terreau favorable à un déploiement informatique à grande échelle sur un département fortement rural ? Était il réellement possible de mener à bien un déploiement équitable sur un territoire par nature hétérogène ? La ruralité du département allait-elle s’acclimater à cette déferlante d’outils nouveaux ?

Aux origines, la volonté d'un homme

Le Conseil Général de la Vienne, présidé par René Monory, a été très tôt ouvert sur les nouvelles technologies de l’information et de la communication, et ce, tout particulièrement en direction du monde de l’éducation.

Rappelons que René Monory, né en 1923 à Loudun dans la Vienne, a été maire de Loudun puis président du Conseil Général de la Vienne ; il a occupé les fonctions de ministre de l’Industrie, des Finances puis de l’Éducation Nationale avant de devenir sénateur puis  Président du Sénat. « Je croyais, depuis les années 1960, que l'informatique serait une révolution à l'égale de l'électricité »

Les plans informatiques départementaux

Sous l’impulsion, de son président, le Conseil Général de la Vienne fut l’instigateur du premier grand plan d’équipement informatique départemental à destination des écoles élémentaires dés 1984, avant même le déclenchement du plan national IPT (Informatique Pour Tous) de 1985. Les expérimentations sur le sujet avaient déjà commencé dans le département depuis 1983 en direction des collèges de la Vienne.

« Deux ans avant le plan informatique de Laurent Fabius, nous avions équipé en terminaux tous les collèges et lycées du département. Jean-Pierre Chevènement qui dirigeait alors la rue de Grenelle avait donné, bon prince, son accord au projet à une double condition. Un, le département devait assumer la totalité des frais financiers. Deux, nous étions tenus d'acheter du matériel Thomson qui disposait alors de stocks immenses. »
« Précisément, si je me suis beaucoup investi dans les technologies de l'information et de la communication, au profit du public comme du privé, c'est parce que je crois qu'elles peuvent changer profondément les mentalités, les méthodes d'enseignement, les conditions de réussite des élèves. J'avais été sensibilisé à ces questions par mes multiples voyages aux États-Unis autant que par le projet du Futuroscope que je conduisais à Poitiers. J'étais surtout conseillé par un as de l'informatique, Thierry Breton. […] En 1987, il travaillait dans mon cabinet et était aussi agile avec les technologies de l'information et de la communication que les Français étaient butés contre elles. Nous avons décidé d'explorer les possibilités technologiques, dans tous les domaines. »
 « L'utilisation des technologies de l'information et de la communication dans le domaine pédagogique nous tenait également à cœur. Thierry et moi étions convaincus que les enfants doivent apprendre très tôt à manipuler l'informatique, qu'il est indispensable de développer un nouveau rapport au savoir par l'intermédiaire des bases de données, qu'il est vital d'encourager de nouvelles formes d'acquisitions de la théorie. C'est pourquoi nous avons élaboré un plan informatique. Je ne voulais à aucun prix rater ce virage. J'y aurais vu un crime contre les jeunes générations. »

 MONORY René, La volonté d’agir, Paris, Odile Jacob, 2004

 

Jacques Grandon, avocat à la Cour de Poitiers, vice-président du Conseil Général de la Vienne et proche de René Monory témoigne également de la volonté précoce du président de la Vienne de s’investir dans le domaine des Technologies d’Information et de Communication : « Il (René Monory) découvrit donc dès les premières applications de l'informatique tout ce qu'on pouvait tirer sur différents plans de pareilles avancées technologiques. Il décida donc en premier lieu l'initiation de tous les jeunes et cela dès la maternelle. Je me souviens encore des classes équipées de "tortues", les tous premiers ordinateurs enfantins. Des classes primaires et des collèges pourvus de T07, premiers ordinateurs de Thomson qui sembleraient bien obsolètes aujourd'hui. »

GRANDON Jacques, René Monory, Un homme, une œuvre, Poitiers, Michel Fontaine Editeur, 2002

 Patrick Pichon, alors responsable de la direction de l'éducation du conseil général de la Vienne nous fournit un témoignage très en prise avec la réalité rencontrée à une époque déjà lointaine où l’informatique suscitait une certaine méfiance pensive à bon nombre de nos concitoyens …

« En ce qui me concerne, juriste de formation, je fus contacté en 1983 par Monsieur Monory, alors sénateur, qui me dit : "Il y a longtemps que j'ai cela dans la tête. Vous verrez, l'informatique, on en reparlera. Je viens de lire un livre de Thierry Breton et je me dis que c'est une chose sur laquelle je dois mettre quelqu'un qui ne s'occupe que de ça."
N'étant pas informaticien, j'entamais une formation au Conservatoire National des Arts et Métiers (C.N.A.M.). Le projet de M. Monory était que l'informatique soit démystifiée. »
«Ma première mission a été de faire tous les conseils municipaux du département, soit 286, pour "vendre" le produit. C'est là que M. Monory est fort car avec mon langage de non informaticien, avec quelques petites notions, j'ai pu me mettre au niveau des gens que j'avais en face de moi avec un produit très révolutionnaire.
A l'époque, il faut s'en rappeler quand même, il ne s'agissait pas de dire "je vous vends un progiciel, un Internet ou un intranet" mais il s'agissait d'un truc très rébarbatif du type LOGO, LSE, très peu attractif. Les gars n'en voyaient pas l'intérêt, il fallait vraiment en vouloir, on a fait tous les conseils municipaux !
L'idée et la conception de René Monory étaient aussi de mettre l'informatique dans les écoles mais aussi l'audiovisuel car on a livré également télévision et magnétoscope dans les écoles primaires. »

Entretiens de l'auteur avec Patrick Pichon  Responsable de la Direction à l’Education du Conseil Général de la Vienne 2001

 « Le Conseil Général de la Vienne est clairement à l’origine du dispositif. » nous confirma Alain Mesmin, Conseiller Pédagogique en T.I.C.E. à l’Inspection Académique de la Vienne, « l’informatisation des écoles de la Vienne a débuté avant même le plan IPT de 1985, donc en 1984. A l’époque les trois acteurs du dispositif étaient, à part égale et avec chacun son rôle, le Conseil Général de la Vienne, l’Inspection Académique et l’École Normale de la Vienne. Le Conseil Général prenait en charge l’équipement matériel, l’Inspection Académique l’organisation générale et l’Ecole Normale prenait en charge les aspects de la formation.
On a pu constater dans le temps une désimplication progressive de l’École Normale au moment de sa transformation en IUFM. La relation est alors devenue d’avantage duale même si le CRDP s’impliquait ponctuellement. »
« En 1983, l’Inspecteur adjoint à l’Inspecteur d’Académie était M. Durpaire, également très impliqué dans le développement d’un très bon produit, BCDI (logiciel de gestion documentaire destiné aux établissements scolaires commercialisé par le CRDP Poitou-Charentes). Nous avons alors déployé BCDI dans les collèges tout en s’assurant que le matériel (ordinateurs et réseau ) que nous fournissions convenait au logiciel.
Le Conseil Général avait initié le plan de formation via l’École Normale car il fallait former les enseignants déjà en poste mais également les nouveaux enseignants, dont la formation était assurée par l’Ecole Normale. L’école normale n’a en aucun cas été un acteur de la mise en œuvre. Essentiellement, sincèrement, ça s’est joué avec le Conseil Général et avec l’Inspection Académique. Cela s’est lancé comme cela. »

Entretiens de l'auteur avec Alain MESMIN, Conseiller Pédagogique T.I.C.E. à l’Inspection Académique de la Vienne. 2000

 Pour affiner la chronologie exacte des évènements, Patrick Pichon nous précise que « Notre histoire a évolué car, quand j'ai mis en place ce plan pour Monsieur Monory, Edith Cresson qui, à l'époque était maire de Châtellerault et que nous avions décidé au même titre que les autres, a trouvé "l'idée qu'elle était pas trop mauvaise" comme on dit chez nous. Elle a alors demandé à ce que nous fassions une note à Monsieur Fabius, qui, à l'époque était premier ministre. »
« M. Monory voulait faire entrer l'image et l'informatique mais ce n'était pas suffisant. Mettre du matériel, c'est facile. On prend un 38 tonnes, tout le monde sait le faire. Ce qu'il fallait, c'était donc de passer une convention préalable avec le préfet, l'éducation nationale, pour que les gens aient une formation préalable. On ne livrait les écoles que si les instituteurs avaient une formation préalable mais comme ils ne disposaient pas d'argent pour les formations, on finançait les formations qui avaient lieu au mois de Juillet.Les écoles maternelles commencèrent alors à piaffer. Nous avons reçu l'association des maternelles qui nous signala un produit intéressant. Il s'agissait d'un robot : la tortue Jeulin. Nous installâmes donc 150 tortues Jeulin dans les écoles pour introduire la robotique à l'école maternelle. »

 Entretiens de l'auteur avec Patrick Pichon  Responsable de la Direction à l’Education du Conseil Général de la Vienne 2001

 Maintenant la dynamique initiée dés 1983, le département persista dans son engagement vers les nouvelles technologies et lança en 1986 à destination des collèges dont il avait désormais la charge, un plan baptisé « Plan spécifique NTC » mettant à disposition des enseignants des collèges du matériel informatique, vidéo, télématique ou robotique.

 

samedi 16 février 2013

Histoire et culture « Nouvelles technologies » du département de la Vienne (2)

Le plan Internet Départemental de la Vienne

 « En 1986, nous avons pris en charge les collèges et avons mis en place le plan imaginatique de grande envergure à l'échelle de tous les collèges avec antennes paraboliques, informatique, magnétoscopes, laboratoires de langues, etc. Tout ce qui pouvait exister sur le marché, les collèges l'ont eu.
M. Monory décida alors d'aller encore plus loin en mettant en place un plan de déploiement envers toutes les écoles tout en maintenant son effort à destination des collèges. On a toujours continué, toujours rajouté de l'argent, près de 120 millions de francs depuis 1983.»

Entretiens del'auteur avec Patrick Pichon  Responsable de la Direction à l’Education du Conseil Général de la Vienne 2001

 

Ayant quitté le ministère de l’éducation nationale qu’il occupa de 1986 à 1988, René Monory décide alors de mener à bien de nouvelles actions dans le département de la Vienne :

« Ministre au chômage dès 1988, j'ai persévéré dans mon projet en le mettant en œuvre dans le département de la Vienne. Deux axes principaux ont guidé mon action : généraliser les nouvelles technologies de l'information et de la communication dans les établissements scolaires, soutenir l’enseignement supérieur et la recherche pour en faire un vecteur de développement économique et territorial.
Premier chantier : les NTIC. En 1989, 50 % des écoles du département étaient équipées d'un ordinateur au moins. Aujourd'hui, 80 % des établissements, y compris les maternelles, sont équipés. La même année, le conseil général décidait d'équiper toutes les écoles d'une antenne parabolique pour leur permettre de se brancher, via le téléport du Futuroscope, sur le monde, d'échanger avec des spécialistes étrangers, de dialoguer avec d'autres classes. L'interactivité, la possibilité de dialoguer en temps réel avec un professeur, un chef d'entreprise, un artiste installé à l'autre bout de la planète n'étonne plus les enfants de la Vienne. »

MONORY René, La volonté d’agir, Paris, Odile Jacob, 2004

 

La période 1989-1996 vit donc la mise en place du « Second Plan Informatique à l’Ecole ».

 Entre 1989 et 1996, le département de la Vienne engagea le « Plan Imaginatique Collèges», équipant 45 collèges publics et privés de matériels faisant appel à la vidéo, l’informatique, la télématique, la robotique ; le  « Plan Départemental d’Antennes paraboliques » destiné à bénéficier de transmissions en direct de conférences interactives ayant lieu au C.N.E.D. de Poitiers, par un relais satellite, via le Téléport du Futuroscope ; les Plans d’Equipement Informatique déployant 1000 ordinateurs et 135 imprimantes dans les collèges avec un minimum de 22 micros PC par établissement.

 Mentionnons également le Plan câblage, les Plans Langues, Logiciels, Télécopie ainsi que le plan d’équipement informatique et multimédias des Centres de Documentation et d’Information des collèges.

 De plus, de nombreux projets pédagogiques présentés par les établissements furent également financés chaque année.

 Ce second plan mené par le Conseil Général intégra à nouveau le fait que, comme par le passé, la formation préalable des maîtres, cofinancée par le Département et l’Etat, était une condition utile et nécessaire à la réussite de l’action.

 Dés les premiers plans de 1983, en effet, le déploiement du matériel ne s’était pas effectué sans une formation concomitante des principaux utilisateurs du matériel fourni, en l’occurrence, les enseignants du département. René Monory nous rappelle d’ailleurs que dés 1983, « nous avions défini trois conditions à la réussite de notre « plan informatique à l'école » : disposer de l'accord des maires qui devaient financer 50 % de l'équipement, placer les ordinateurs en libre accès en dehors des heures de classe, élaborer un plan de formation des instituteurs. Au début, les instituteurs, qui se sentaient mis en cause par l'outil, hésitèrent à suivre les formations financées par le conseil général et animées par l'inspection d'académie. »

 La « culture informatique » prenait subrepticement toute son ampleur dans le département en général et dans les établissements scolaires en particulier.

 « Pour la mise en oeuvre, il fallait initier les enseignants. C'est le département qui prit en charge les heures de formation. Nous étions au tout début des années 80, en 1982 je crois. C'est dire ma surprise lorsqu'un collègue président du conseil général d'un département alpin se flattait récemment d'avoir, à la fin des années 90, informatisé ses écoles, je rappelais alors à l'ensemble de nos collègues la date à laquelle la Vienne avait créé l'informatisation de ses écoles et de ses services. » GRANDON Jacques, René Monory, Un homme, une œuvre, Poitiers, Michel Fontaine Editeur, 2002

 Ce plan coïncida avec la prise de pouvoir définitive de l’univers du PC dans l’informatique personnelle, rendant d’ailleurs totalement caduques la quasi-totalité des équipements issus du Plan national Informatique Pour Tous de 1985. Seules quelques multiprises furent recyclées. Les antiques Thomson MO5, TO7, les « têtes de nano-réseau» et les cartouches LOGO, matériel souvent inscrit à l’inventaire des communes, hantèrent de longues années les placards, voire les caves et greniers des écoles …

 Dans la période 1989/1996 ce second plan informatique permit d’équiper environ 90 % des écoles primaires de plus de deux ordinateurs en moyenne pour chacune d’entre elles, soit un total de 600 machines.

L’ambition déclarée du dispositif était que chaque élève, tout au long de sa scolarité,  dispose d’un accès aux technologies de l’information et de la communication, perçues comme instrument de transformation et d’amélioration des pratiques éducatives.

 Les motivations affichées de ce plan se situaient aux carrefours des impératifs techniques, de la compétitivité économique et technologique et de l’enseignement. Une familiarisation dès le plus jeune âge avec un outil qui semblait s’imposer aussi bien dans l’univers professionnel, qu’universitaire ou administratif pouvait permettre à terme de créer un bassin de main d’œuvre rompu à l’utilisation des nouvelles technologies et ainsi favoriser l’implantation de nombreuses entreprises du secteur tertiaire, attirées par le Futuroscope et son aire, navire amiral des Nouvelles Technologies dans le département.

 « Riche de ces premières expériences alors que j'étais aux commandes de la rue de Grenelle en 1987, l'ordinateur ne m'apparaissait évidemment pas comme une fin en soi, encore moins un objet d'enseignement. Il ne s'agissait pas d'équiper les écoles en ordinateurs pour faire chic et moderne. Il fallait d'abord réfléchir aux objectifs pédagogiques, donc aux contenus. Car l'informatique est davantage qu'un simple outil. Il permet d'acquérir de manière autonome, chacun à son rythme, des enseignements théoriques tout en développant son sens de l'action, de la déduction, de la quête, bref sa propre capacité d'adaptation. »

MONORY René, La volonté d’agir, Paris, Odile Jacob, 2004

 

En Juin 1997, le Conseil Général de la Vienne décida de la mise en place d’une première phase d’un « Plan Internet Départemental.»

Durant cette première phase, plus de 800 machines furent livrées entre Septembre 1997 et Janvier 1998.  Le département de la Vienne dota ses 460 écoles, publiques (421) et privées, d’un ordinateur Pentium 200 MMX, d’une imprimante couleur à jet d’encre et créa cinq Centres de Ressources, répartis géographiquement dans le département sur les communes de Montmorillon, Poitiers, Loudun, Châtellerault et Vivonne.

 Le Conseil Général, décida alors en Avril 1998 de déclencher une seconde phase de son plan d’informatisation des collèges et des écoles.

 La partie du plan à destination des écoles permit l’acquisition de plus de 800 machines supplémentaires s’accompagnant de la fourniture de logiciels pédagogiques pour les différents niveaux d’enseignement, d’expérimentations de téléchargement satellitaire via la chaîne TV « La Cinq», d’amélioration des serveurs d’hébergement et de la poursuite du Plan Informatique à l’Ecole, permettant un cofinancement à hauteur de 50% pour du matériel informatique à destination des écoles.

Un sixième Centre de Ressources Informatique fut créé et équipé à Civray, dans le sud du département.

 Parallèlement les 45 collèges disposèrent d’un complément de dotation et d’un équipement de visioconférence.


vendredi 15 février 2013

Histoire et culture « Nouvelles technologies » du département de la Vienne (3)

Début 1999, le Conseil Général de la Vienne décréta une troisième phase d’équipements.

 Ce plan très ambitieux prévoyait la mise à disposition d’un ordinateur pour 10 élèves, se traduisant par l’acquisition de 1500 ordinateurs supplémentaires pour les écoles et de 900 ordinateurs supplémentaires pour les collèges, et la connexion de  l’ensemble du parc à Internet, en mettant en place des réseaux locaux dans toutes les établissements scolaires. Ce plan s’étendait à toutes les classes de l’élémentaire mais aussi aux classes de grande section d’école maternelle.

 « Formation des jeunes – Le défi des nouvelles technologies :

La Vienne est le département qui consacre le plus de crédits par habitant pour la formation des jeunes. Le conseil général a initié le 1er Plan Internet départemental en France, programme qui a permis d'équiper toutes les écoles (primaires et maternelles) et tous les collèges d'un accès à Internet. Afin de familiariser les jeunes aux NTIC, le Département a impulsé une véritable « révolution numérique en milieu scolaire, qui s'est traduite dans les faits par :

- des expérimentations pilotes (cartable électronique) ;

- un parc informatique scolaire unique en France avec 8 000 ordinateurs financés par le conseil général, soit l'équivalent d'un ordinateur pour 6 élèves. »

GRANDON Jacques, René Monory, Un homme, une œuvre, Poitiers, Michel Fontaine Editeur, 2002

 

Ce déploiement fut très important sur le plan quantitatif et dépassa largement l’ensemble des déploiements précédents, même si ceux du début des années 80 furent de grande ampleur.
Certaines écoles de taille importante reçurent prés d’une vingtaine d’ordinateurs de type PC Pentium II, de logiciels à vocation pédagogique, de plusieurs imprimantes couleur à jet d’encre. Afin de déterminer le nombre de machines affectées par établissement, on se fixa aux effectifs communiqués au Ministère de l’Education Nationale en Juillet 1998

Comme les objectifs fixés prévoyaient que toutes les machines d’une même école puissent se connecter à Internet sans multiplier les lignes et abonnements téléphoniques, il fallut câbler l’ensemble des bâtiments des établissements scolaires du département.

Les technologies sans fil n’existaient pas et des kilomètres de câble furent passés dans des gaines, des goulottes murales, des faux plafonds, des caves obscures, sous des préaux, des cours d’école …

La direction à l’éducation du Conseil Général prit en charge l’expertise de l’implantation du réseau local de l’école, fournissant le câble, les équipements nécessaires et assurant même la connexion aux boîtiers muraux, une fois les câbles tirés sous la responsabilité et aux frais de la commune. Cette expertise s’effectuait généralement en présence d’un membre du Conseil Général, du maire ou de l’un de ses adjoints et de l’animateur du Centre de Ressources de l’Inspection Académique, chargé d’apporter son expérience dans le domaine de l’éducation et dans l’intégration de l’informatique dans la pratique pédagogique quotidienne de la classe.

 Conjointement aux actions menées directement en direction des écoles, le Conseil Général avait, en effet, créé six centres de ressources répartis sur le département, dédiés à la formation des enseignants.

« Pour aider les enseignants à se former, à s'emparer de ces outils nouveaux, nous avons fait preuve d'inventivité. En collaboration étroite avec l'inspection d'académie, six centres de ressources équipés par le département ont été créés. Animés par des instituteurs détachés, ils forment leurs collègues le soir et le mercredi, interviennent dans les écoles ... »

MONORY René, La volonté d’agir, Paris, Odile Jacob, 2004

 Ces vagues de déploiement successifs nécessitèrent d’importantes ressources financières, logistiques, intellectuelles. Il fallut évaluer, mesurer, étudier, choisir et déployer de façon équitable dans chaque école, dans chaque commune. Les dotations en matériel furent d’ailleurs dûment décrites, s’appuyant sur des enquêtes d’effectifs nationales avec des règles claires. Aucun favoritisme n’eut lieu ; ni l’éloignement de Poitiers ou des villes du département, ni la sensibilité politique des élus, ni les difficultés techniques rencontrées ne modifièrent l’attitude des acteurs du dispositif dans ces processus d’informatisation à l’échelle d’un département de 6990 km comprenant plus de 400 000 habitants.

 Cet élan vers un futur présupposé ne se limita d’ailleurs pas aux seuls établissements scolaires et universitaires mais s’adressait également aux mairies par le biais d’un syndicat intercommunal, Vienne Services, aux citoyens désirant se former aux nouvelles technologies grâce à Vienne Informatique, organisme associatif chargé d’aider à la création, à la fédération et à la dynamisation des clubs informatiques du département.

 En complément de ces dotations les municipalités pouvaient à tout moment acquérir du matériel cofinancé par le conseil général à hauteur de 50% par le biais du « Plan départemental d’Equipement ». Une liste, présente et réactualisée sur Internet, permettait à chacun de choisir le matériel en fonction de ses besoins spécifiques, en complément des plans d’équipement préalablement décrits. Les tarifs du matériel, intégrant une maintenance totale sur site pendant trois ans, étaient fournis et régulièrement réactualisés, le plus souvent à la baisse.

 Le projet pédagogique se devait d’être à l’origine de la dotation en matériel cofinancé. Réalisé par les enseignants de l’école, il était transmis à l’Inspecteur de l’Education Nationale, responsable de l’école, à des fins de validation sur le plan pédagogique. Le détail nous est d’ailleurs fourni dés 2000 sur le site pédagogique de l’Inspection académique de la Vienne :

 « Le mode de financement reste inchangé : 50% du coût du projet à la charge de la Commune et 50% subventionnés par le Conseil Général.

La mise en œuvre du projet se déroule de la manière suivante :

    . élaboration du projet soit par l'équipe d'école, soit par un ou plusieurs enseignants
    . soumission à la mairie de la liste du matériel nécessaire
    . accord de la municipalité pour le financement (délibération du conseil municipal qui transmet au Conseil Général avec la liste jointe)
    . validation du projet par l'Inspecteur de l'Éducation Nationale
    . validation financière par le Conseil Général et retour du bon de commande à la mairie pour signature.

Le budget des projets pris en compte doit être supérieur à 1 500 Frs. »

Extrait du site A l’école : http://alecole.vienneinfo.org/reseau/cadresomres5.htm (2002)

 

« Il fallait valoriser la Vienne, département oublié et inverser l'image de ce territoire marqué par sa ruralité. […]

René Monory était frappé de ce que, lorsqu'on évoquait Poitiers, cela ne disait rien d'autre dans la mémoire collective que la date de 732 : Charles Martel ! Cela alors que Poitiers disposait d'une université célèbre à travers les âges puisque quasi contemporaine de La Sorbonne, d'un patrimoine monumental exceptionnel et de quelques industries de pointe...

Il était urgent d'inverser le courant. Niant tout fatalisme historique, René Monory entreprit de donner de son département une image nettement orientée vers le futur en termes de connaissances et de communication. Ce sera la création du Futuroscope avec sa triple destination : formation, travail et loisirs.»

GRANDON Jacques, René Monory, Un homme, une œuvre, Poitiers, Michel Fontaine Editeur, 2002

jeudi 14 février 2013

Histoire et culture « Nouvelles technologies » du département de la Vienne (4) : le Futuroscope.

« En 1982 donc, la Vienne était connue pour son beurre et son fromage. J'avais la conviction profonde que les départements ruraux, s'ils restaient inertes, se condamnaient à la mort. Poitiers somnolait, amnésique de son passé prestigieux. Les terres dédiées au colza et à la betterave offraient de maigres perspectives aux jeunes générations. Et sur la RN 10, la capitale poitevine suscitait au mieux une étape réparatrice sur la route des vacances. Nous ne disposions ni des châteaux de la Loire, ni d'une industrie de pointe, ni de la matière grise, ni des stations balnéaires qui fondaient la richesse d'autres territoires. » MONORY René, La volonté d’agir, Paris, Odile Jacob, 2004

 Jacques Grandon, alors conseiller général, nous confirme ce point de vue : « Nous redoutions tous le déclin qui ne manquerait pas d'accompagner les inévitables mutations économiques et sociales auxquelles nous étions exposés.

Le problème majeur auquel notre département, essentiellement rural, était exposé résultait de la disparition de la plupart des exploitations agricoles. Des disparités ne manqueraient pas d'en résulter entre villes et campagnes. » GRANDON Jacques, René Monory, Un homme, une œuvre, Poitiers, Michel Fontaine Editeur, 2002

 Les projets du Président du Conseil Général laissèrent sans doute perplexes un certain nombre de ces concitoyens, qui bien que faisant des efforts de projection, ne voyaient pas avec la même clarté se dessiner une immense zone high-tech de dimension nationale, voire internationale, dans une plaine agricole de l’ancien Haut Poitou.

 « Certains de mes collègues de la Vienne proposèrent de créer un village rural dédié aux touristes et aux professeurs d'histoire. Décidément, la terre de nos ancêtres alourdissait notre pas. »

 Les premières réunions de travail eurent lieu dés 1983, l’architecte Denis Laming devenait lauréat du coucours en mars 1984 et la première pierre du premier bâtiment fut posée en décembre 1984.

 « Une vaste terre agricole de mille deux cents hectares, située à cheval sur Jaunay-Clan et Chasseneuil-du-Poitou que Jean-Pierre Raffarin contribuera plus tard à rendre célèbre, a été achetée au nord de Poitiers. Contre l'avis de certains élus du Sud qui auraient aimé accueillir le projet sur leur canton, je choisis le site tout à la fois pour la réserve foncière qu'il offrait, sa proximité avec l'autoroute et la ligne TGV même si les infrastructures de sortie sur le parc n'existaient pas encore. Une société d'économie mixte a été créée par le département pour monter le projet. » René Monory – La volonté d’agir

 L’axe historique de mobilité, déjà abordé dans l’histoire du département, se trouva à nouveau au cœur de l’activité locale. Jaunay Clan était déjà un relais de poste important sur la route de Paris. L’aire du Futuroscope a su intégrer les concepts de mobilité pour investir les lieux et développer son territoire, bien au-delà du seul parc. Le Futuroscope dispose d’une gare TGV et même d’un code postal (86960) !

 « C'est donc par le parc d'attractions qu'il nous fallait commencer. Si nous parvenions rapidement à lui conférer une notoriété régionale et à séduire trois cent cinquante mille visiteurs par an, le point d'équilibre serait atteint. Au delà, le parc engrangerait les liquidités nécessaires au développement de nouveaux spectacles. S'il se taillait en prime une image innovante, il pourrait peut-être drainer sur le site des activités de recherche et des entreprises. Seul ce dernier critère, les emplois et les entreprises, signerait pour moi le succès ou l'échec. . . »

 Le Futuroscope ouvrit ses portes en 1987, conjointement aux grands plans d’informatisation des mairies, des écoles et des collèges abordés précédemment.

 La lecture de l’ouvrage de René Monory « La volonté d’agir » nous fournit d’ailleurs un surprenant modèle d’inspiration de la création de l’aire du Futuroscope, au beau milieu d’un département rural : Brasilia !

« Lors d'un voyage au Brésil en 1959, au titre de la Fédération internationale des villes jumelées, j'avais reçu un choc terrible. Ce choc s'appelait Brasilia. La capitale administrative de ce pays continent était sortie de nulle part, par la seule volonté politique du président Kubitschek de créer une ville pensée pour incarner le futur l'égalité la solidarité. L'homme était placé au coeur de cette oeuvre magistrale. Brasilia n'était encore qu'un nom, une appellation, un projet vieux de plus d'un siècle qui avait suscité des batailles sans fin. Édifiée autour d'un lac artificiel de quarante kilomètres, la capitale fédérale devait mettre un terme à la rivalité entre Rio et Sâo Paulo et offrir un potentiel de développement économique au pays. Il s'agissait d'un acte d'aménagement du territoire incroyable.

J'y suis arrivé la première fois avec les yeux émerveillés d'un jeune maire de France. Baraques de chantier semées sur une plaine boueuse, ouvrages en cours au milieu d'une forêt de grues, architecture surprenante : c'était fou. Brasilia a créé un déclic dans mon esprit. Bien des années plus tard, mes pas m'ont ramené dans la ville dessinée par l'urbaniste Lücio Costa et l'architecte génial Oscar Niemeyer. Brasilia était achevée. La ville, dont personne ne voulait hier, commençait à manquer de place. J'ai eu une longue conversation avec Oscar Niemeyer dont les idées neuves subissaient le feu nourri de la critique. Mais cet échange m'a conforté dans la voie que je pressentais déjà intuitivement : la volonté peut modeler un territoire. » p175

« Des hommes de grande valeur comme Thierry Breton, qui n'avait alors que 32 ans, ont porté le projet. Je me souviens aussi de Daniel Bulliard, ancien cadre d'Unilever devenu directeur du parc, qui pataugeait dans la boue du chantier et fermait le soir la zone à clef avant de quitter un site plongé dans le noir complet. C'était un peu notre petit Brasilia à nous . . . » MONORY René, La volonté d’agir, Paris, Odile Jacob, 2004 

 Le parc du Futuroscope, devenu « parc européen de l’image » connut un grand développement et un grand succès dés son ouverture en 1987 malgré quelques difficultés dans les années 2000. Il constitua sans conteste le navire amiral de l’image « high tech » du département, masquant peut être l’importance des grands plans d’informatisation menés à grande échelle dans tout le département.

 « Au total, cent cinquante entreprises high-tech et cinq mille emplois ont été créés. Depuis 1990, la croissance de l'emploi de la Vienne a été deux fois plus forte que dans le reste du pays. L'évolution démographique a suivi : plus vingt-neuf mille habitants entre les recensements de 1982 et 1999. Le département est le troisième plus riche de France et le quatre-vingt-troisième pour l'endettement. Dont acte, le Futuroscope a joué le rôle de locomotive qu’on lui avait désigné. »

 « Enfin, le Futuroscope est d'abord et surtout un acte d'aménagement du territoire, il doit irriguer, profiter à l'ensemble du département. Ici, la prochaine étape sera sans doute de brancher chaque maison de la Vienne et chaque établissement scolaire sur l'Internet haut débit. Sans oublier pour autant de se poser quelques questions stratégiques : quels contenus acheminer via ces autoroutes de l'information ? Comment mettre les utilisateurs en capacité de bien les utiliser ? Comment situer notre territoire par rapport aux espaces virtuels créés par Internet ? Comment utiliser ces nouvelles technologies pour développer un enseignement fortement individualisé ? »MONORY René, La volonté d’agir, Paris, Odile Jacob, 2004